Taux immobiliers : la remontée s’amorce, 1,18 % en mars 2022
Selon l’Observatoire Crédit Logement/CSA publié le 14 avril 2022, le taux moyen des crédits immobiliers atteint 1,18 % en mars, après un plus bas de 1,04 % en octobre 2021. Une hausse encore modérée, mais qui s’accélère.

Après des mois de stabilité sur des niveaux historiquement bas, les taux des crédits immobiliers repartent à la hausse. L’Observatoire Crédit Logement/CSA, qui publie ce 14 avril 2022 son bilan du 1er trimestre, constate une augmentation qui « se fait plus rapide de mois en mois », sur fond d’inflation et de tensions sur les marchés financiers depuis le déclenchement de la guerre en Ukraine.
Une hausse modérée mais continue
Sur l’ensemble du 1er trimestre 2022, le taux moyen des crédits accordés s’établit à 1,12 %. Mais le mouvement s’accélère : après 1,06 % fin 2021 et 1,07 % en janvier, il atteint 1,18 % en mars.
Source : Observatoire Crédit Logement/CSA, 1er trimestre 2022
Depuis décembre 2021, les taux ont progressé d’environ 0,15 point sur 15 ans, 0,14 point sur 20 ans et 0,12 point sur 25 ans. En mars 2022, les taux moyens s’établissent ainsi :
1,01 %
taux moyen sur 15 ans en mars 2022
1,13 %
taux moyen sur 20 ans en mars 2022
1,25 %
taux moyen sur 25 ans en mars 2022
Selon l’Observatoire, les banques s’efforcent de préserver l’accès au crédit des primo-accédants : la hausse a été un peu moins rapide sur les prêts les plus longs, très utilisés par les emprunteurs disposant de peu d’apport.
Le taux sous 1 % devient rare
Signe du changement de tendance, la part des emprunteurs obtenant un taux inférieur à 1 % s’est fortement réduite depuis décembre : moins de 25 % des emprunteurs en bénéficient désormais, principalement les meilleurs profils sur des durées de 20 ans au plus.
Pour autant, le contexte reste exceptionnel : en mars, l’inflation a atteint 2,87 % sur un an (indice des prix harmonisé). Tous les emprunteurs bénéficient donc de taux inférieurs à l’inflation, ce qui ne s’était jamais vu depuis le début des années 1960 selon Crédit Logement.

Des durées toujours plus longues, des apports plus élevés
Pour compenser la hausse des prix des logements, les durées continuent de s’allonger : 242 mois en moyenne en mars 2022, soit un peu plus de 20 ans, un record. Dans le même temps, les banques demandent davantage d’apport : au 1er trimestre, l’apport personnel moyen progresse de 11,4 % sur un an.
Cette exigence s’inscrit dans le cadre des règles du Haut Conseil de stabilité financière, devenues contraignantes au 1er janvier 2022 : taux d’effort limité à 35 % et durée de 25 ans maximum.
Le taux d’usure, un plafond à surveiller
La remontée des taux reste aussi contenue par le taux d’usure, le taux maximal (TAEG, assurance et frais compris) auquel une banque peut prêter. Pour le 2e trimestre 2022, la Banque de France l’a fixé à 2,40 % pour les prêts à taux fixe de 20 ans et plus, 2,43 % de 10 à 20 ans et 2,51 % pour moins de 10 ans. Si les taux continuent de monter, certains dossiers pourraient buter sur ce plafond, notamment lorsque l’assurance emprunteur est élevée.
Ce que cela change pour vous
- Votre projet est mûr ? Les conditions restent très favorables au regard de l’inflation, mais la tendance est à la hausse : mieux vaut ne pas trop tarder à présenter un dossier complet.
- Soignez l’apport et l’assurance : ce sont deux leviers pour rester sous le taux d’usure et dans les critères des banques.
- Comparez les offres : les écarts entre établissements et entre profils se creusent quand les taux bougent.
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Article publié le 14 avril 2022 : les informations qu’il contient reflètent la réglementation et les conditions du marché à cette date, et ont pu évoluer depuis. Elles sont données à titre informatif et ne constituent pas un conseil personnalisé. Un crédit vous engage et doit être remboursé. Vérifiez vos capacités de remboursement avant de vous engager.
